26 avril 2006
Anecdote d'une soirée
« Quel est ton type idéal ? car il y a bien un type de filles que tu préfères aux autres ? me dit-il devant une fille dont toute l'attention est concentrée sur moi, car il espère réaccaparer ses faveurs du moment grâce à ce vilain traquenard.
- La fille idéale pour moi, c'est la prochaine. Elle n'est jamais aussi près que lorsque je ne l'espère plus. Mais elle n'est jamais aussi loin que lorsque je voudrais la voir devant moi. Aujourd'hui, j'attends seulement que vienne le jour où elle me surprendra. »
Cette réponse est visiblement tout autre à celle qu'il escomptait, alors il n'a de cesse de reformuler sa question. Mais la jolie blonde dont le visage ne se trouve guère plus loin qu'à quelques centimètres du mien vient de boire une réponse qui lui plaît tant qu'elle ne veut pas en entendre davantage, et réplique : « Mais tu n'as pas entendu !? Il t'a déjà répondu, et sa réponse était magnifique ! » J'aime l'étincelle dans le regard de cette jeune femme, mais je la reconnais pour n'être qu'une illusion éphémère sur mon chemin qui ne s'arrêtera pas là : il manque à cet engouement si soudain un zeste d'authenticité, sa gestuelle répand un parfum de versatilité que je peux sentir sans effort. C'est juste une croqueuse, et à ce jeu, ce serait quand même un comble pour un Goth que de se laisser vampiriser…
24 janvier 2007
Questionnement existentiel
J'en viens parfois à me demander si le Mouvement Gothique tel que je me le représente n'existe pas qu'en ma personne et dans mon esprit. Je me demande si je n'incarne pas à moi tout seul l'idéal de pureté philosophique et de fierté esthétique que j'ai forgé moi-même au fil des années. Où sont mes semblables ? Si vous avez réellement la réponse à cette question, si cette interrogation existentielle vous a déjà traversé l'esprit, alors faîtes-moi partager un peu de cette expérience afin que je m'en inspire...
26 juin 2007
De Nos Dérives
L’amour… On le rencontre par hasard. C’est la seule certitude qui m’habite à cette heure. Et je crois que le temps et les mensonges nous le font quitter, alors même que l’on s’y attend. Depuis longtemps !
Mentir c’est facile. Mensonge lorsqu’on fait des promesses… jamais tenues ! Mensonge quand les certitudes, les évidences d’hier sont balayées par la dureté des mots. Mensonge de tous ces projets d’avenir qui nous échappent pour toujours.
Et pourtant, tout ce temps, l’on y a cru. Parce qu’on voulait que ça marche. Parce qu’on voulait aller plus loin qu’avant. On voulait se prouver à soi-même qu’à nous aussi, de bonnes choses peuvent arriver. Tous ne sommes pas damnés, pour l’éternité. Si c’est mon tour cette fois, alors je n’ai pas envie d’en voir la fin.
On s’y attend depuis longtemps quand on le quitte, mais lorsque cela arrive vraiment, c’est par hasard que ça se produit.
C’est le hasard qui nous délivre, et c’est le hasard qui nous accable. Ou dans un autre ordre, selon chacun, et selon le moment où l’on y songe.
Pour acheter cet amour, j’ai vendu mon âme. Pas au diable. Non, juste au hasard. Et aujourd’hui, ne restent, dans un placard, sur un meuble ou sous un oreiller, tristement abandonnés, que quelques souvenirs de ces moments heureux, que l’on ne saurait oublier. Car aimer n’est pas chose à s’arrêter par hasard…
Pour la première fois, j’ai plongé mon visage dans son vêtement. Mais pas une larme. Et j’en suis fier !
Le dimanche 24 juin 2007, à 01h09,
RequieM Go†h.
24 juillet 2007
Autarcie affective
Vivre dans l'autarcie de son couple, c'est lorsque le simple fait d'être ensemble suffit à sa vie pour être comblée, n'avoir d'autre besoin...
03 août 2007
A bout de souffle
L’amour est à bout de souffle, perdu entre la
préciosité des sentiments révolus et les espoirs lointains d’une rencontre
merveilleuse qui transcendera toutes les autres. Qu’elle les repousse aux
tréfonds de l’oubli, où aucun souvenir ne subsiste jamais. En attendant, le
présent est imprégné de cette instance de la mémoire qui brille par son
absence. L’esprit vit en suspension, comme si en un jour encore récent tout
s’était arrêté temporairement, dans la négation des vrais sentiments, ceux qui
font mal lorsqu’ils deviennent ridicules. La vie et ses désillusions l’ont
rendu possible, et même facile, comme d’entendre une mélodie de jadis qui
viendrait d’une profonde et rassurante réminiscence. Aucune raison de
s’inquiéter donc. Quelque chose d’impalpable poursuit son cours, sans qu’on
s’en mêle, qui fera qu’un jour, bientôt, cette suspension va reprendre
forme : un visage, un trésor. Éternel celui-ci ? Je veux dire, pour
de vrai, pas comme le dernier…
Elle connaîtra les mots et leurs valeurs, ne les
prononcera pas en vain. Elle saura en faire des mélodies, de sa voix qui
chantera dans mon cœur. Elle en fera des idées qui seront siennes, qu’elle
n’aura pas empruntées. Ensemble nous embrasserons ce grand tourbillon, que
devient la vie quand elle s’anime en nous. Nous serons tout, l’un pour l’autre,
et rien d’autre n’importera.
11 septembre 2007
Portrait chinois d'un Goth [si j'étais]

Si j’étais un animal ? Un loup.
Si j’étais une couleur ? Le rouge, couleur du sang,
force de vie et symbole des liens familiaux.
Si j’étais une saison ? L’hiver, saison froide et saine.
Si j’étais un sentiment ? L’amour, car c’est le
sentiment le plus noble.
Si j’étais une qualité ? La passion.
Si j’étais un défaut ? La procrastination.
Si j’étais une ville ? Paris.
Si j’étais un prénom masculin ? Xavier.
Si j’étais un prénom féminin ? Nathalie.
Si j’étais un phénomène naturel ? Une aurore boréale.
Si j’étais un adjectif ? Chevaleresque.
Si j’étais un sport ? L’équitation.
Si j’étais un parfum ? Le parfum naturel d’une femme,
mais pas n’importe laquelle.
Si j’étais une date ? 26 Août 1789.
Si j’étais un instrument de musique ? Le violon.
Si j’étais un péché capital ? La luxure, au sens du plaisir
sexuel recherché pour lui-même.
Si j’étais un jour de la semaine ? Le samedi, car ce
jour je commence à profiter de mon week-end.
Si j’étais une devise ? Carpe Diem.
Si j’étais un élément ? L’eau, car elle me procure
beaucoup de plaisir tous les matins.
Si j’étais un métier ? Dieu.
Si j’étais un vêtement ? Une robe d’époque.
Si j’étais une fleur ? Une rose rouge.
Si j’étais un siècle ? Il ne s’est pas encore produit.
Si j’étais une voiture ? Une Aston Martin Vanquish S,
car j’ai trouvé cette voiture sublime dès le premier instant où je l’ai vue.
Si j’étais une paire de chaussures ? Peut-être mes
prochaines Dr Martens.
Si j’étais un pays ? La France.
Si j’étais une pierre précieuse ? Un rubis.
Si j’étais un bijou ? Un ras-du-cou.
Si j’étais un acteur ? Johnny Depp.
Si j’étais une actrice ? Marion Cotillard.
Si j’étais un film ? Donnie Darko.
Si j’étais un dessin animé ? Spirit L’Etalon des
Plaines.
Si j’étais un chanteur ? Marilyn Manson.
Si j’étais une chanteuse ? Joan Osborne, car j’adore sa
voix.
Si j’étais une chanson ? Narcotic, de Liquido.
Si j’étais un livre ? Un dictionnaire de Français.
Si j’étais un personnage de fiction ? Dorian Gray.
Si j'étais une créature fantastique ? Un vampire. Je suis déjà un vampire émotionnel.
Si j’étais un alcool ? Whisky.
Si j’étais une boisson ? Schweppes.
Si j’étais une nourriture ? L'extase.
Si j’étais une maladie ? L’amour.
Si j’étais une arme ? Un poison, pour que la mort vienne de l'intérieur.
Si j’étais un endroit ? Un lit couvert d’une couette.
27 novembre 2007
Narcissisme
Comme disait un de mes anciens professeurs de Français au lycée : "Il faut être un peu narcissique dans la vie ; pas trop, mais un peu quand même. Car si nous ne nous aimons pas, qui le fera ?" Bien sûr, c'était une boutade subtilement emprunte de provocation et de malice, mais cela n'enlevait rien à la justesse de ses propos.
Certains sont totalement dépourvus de narcissisme, même dans sa forme la plus légère, et n'éprouvent ainsi que plus durement les remarques néfastes qui leur sont faites. D'autres ressentent le besoin d'être admirés, afin de remédier en partie à leur manque de confiance en eux. Selon l'un ou l'autre cas, on peut être enclin à s'aduler soi-même, ou encore à rechercher une attention particulière émanant d'autrui.
Il faut garder à l'esprit que ces deux notions - narcissisme et glorification - sont bien distinctes, et que le remède à un manque de confiance en soi n'est ni dans l'un ni dans l'autre. Le remède ne s'obtient qu'en travaillant sur soi et en apprenant à s'estimer à sa juste valeur, au travers par exemple d'activités individuelles dans lesquelles on rencontre du succès. Ensuite, la vie nous apprend à faire face à des défis de plus en plus élevés.
Enfin, le piège que j'entrevois entre narcissisme et glorification est l'éventualité de tomber dans l'égocentrisme qui, lui, se nourrit fort bien des deux précédents...
30 novembre 2007
Persistance amoureuse
Quand l'amour est véritable, un lien se tisse entre deux esprits, par lequel se déverse en nos coeurs tout ce qui rend l'autre indispensable et ce qu'il nous livre de sa personnalité. Ce lien peut être si fort et intense dans un amour fusionnel que nos personnalités s'entremêlent étroitement. A mes yeux, c'est tout cela que l'on ressent en la présence de l'âme-sœur. Après une rupture brutale, même si le lien est rompu, le cœur conserve encore longtemps la persistance de l'autre, et nous ne parvenons plus à faire clairement la part de notre esprit. L'être aimé jadis ne s'évanouit pas comme poussières jetées aux quatre vents : ses sourires, sa cordialité, ses expressions, sa manière de parler restent ancrés, et sa présence ne laisse pas de nous habiter.
Est-ce la force des sentiments que l'on a éprouvés, qui reste ainsi imprimée en notre âme, ou bien l'alchimie que notre esprit met en oeuvre pour ne pas souffrir du manque affectif ?
03 octobre 2008
Désir d'oubli...
Il y a ces moments enchantés qui font rêver du temps jadis, où le bonheur était à la fête. Quel plaisir funeste que de côtoyer ses fantômes ! Mais surtout, les plus tenaces des songes qui reviennent en mémoire sont ceux-là mêmes que l'on voudrait à tout prix oublier. Il est bien difficile de se pardonner d'avoir aimé tout ce que l'on déteste. Tandis qu'aujourd'hui quelques instants décharnés célèbrent l'innommable et l'infamie, il faut encore parfois supporter que l'illusion mensongère d'une trahison bien sincère s'offre en spectacle dans le vil écrin de l'hypocrisie.
Avant le mensonge qui se propage est le mensonge qui se distille. Quand les deux se réunissent et s'accomplissent, l'âme et l'esprit se noient des certitudes construites autour d'un désir de survie hors d'haleine. Maquillé sous le vernis d'éclats de voix populaires, ce cœur est devenu une pomme pourrie de l'intérieur, pénétrée de ses mystifications.
Malgré cela, il en est qui poursuivent leur chemin et continuent de prononcer leurs vœux pieux, l'œil mouillé donné à boire à l'ingénu, et la paume couverte d’une manche de dentelle, serrée autour d'un poignard aiguisé, qui fume encore du sang et des larmes d'autrui qu'ils ont en vain versés.
Sur certains autels, les sacrifices ne sont voués qu'à la ruine et la désolation. Je me méfie de leurs prêtresses... Honnies soient-elles !
12 février 2009
Saint Graal
Une prédatrice que j'ai connue fut un temps et qui se surnommait elle-même du nom d'une plante carnivore avait répondu que si elle était un cadeau, elle serait la douceur, car elle fait tellement défaut à tant de gens. Douceur et tendresse... Deux trésors si proches qu'ils en sont indissociables ! Nés du don d'autrui envers un être cher, ces deux joyaux que l'on appelle de ses vœux dans toute relation amoureuse sont si inestimables que je vois en eux le Saint Graal... Ce Saint Graal est capable de mettre fin à toutes les souffrances, d'illuminer une vie chaque jour passé, de donner un sens si fort à la vie que le temps n'est plus cet abominable assemblage de rouages mystiques qui nous consumait, mais simplement une machine rouillée déchargée parmi les rebuts d'un passé lointain et insignifiant.
On peut vivre sans boire à la coupe de ce Saint Graal. Mais la vie n'est alors qu'un désert froid et stérile. Je veux boire une dernière fois à cette coupe pour ne plus jamais devoir en décoller mes lèvres.
J'ai rêvé d'un éternel baiser où palpitait un cœur à la pureté impérissable, et j'aspire à ce que ce feu sacré se déverse enfin dans mes veines...
Amen.
Requiem








