19 juin 2005
Opus "A Toi Dénommé Gothique"
Ce opus s'adresse bien évidemment à toutes celles et ceux qui se reconnaissent au travers d'une vision gothiquement sombre et élevée de ce monde, mais aussi à ceux qui cherchent des éléments de réponse quant à sa nature profonde. La vision que j'offre ici est le fruit d'une réflexion personnelle, je l'ai couchée sur le papier en souhaitant la faire connaître dans ses fondements, et l'opposer à certaines tentatives farfelues que l'on peut rencontrer au hasard des médias ou de pérégrinations virtuelles. Puisse cette lecture vous être agréable et vous accompagner de son cortège de révélations...
Directement téléchargeable, le dossier "A Toi Dénommé Gothique" est maintenant disponible :
Cet opus présente le Mouvement Gothique vu de l'intérieur. Pour lire ce fichier, il suffit de disposer d'Acrobat Reader.
Mots-clefs : Mouvement Gothique, Gothisme, Philosophie, Psychologie, Etat d'Esprit, Sociologie, Musique, Satanisme, Esthétique, Mort
Le Mouvement Gothique vu de l'extérieur : "A la rencontre du mouvement gothique"
Version imprimable : A la rencontre du mouvement gothique
03 octobre 2005
Gothisme: Justification d'un néologisme
S'agissant des membres, on parle des Gothiques ou encore des Goths. Pour désigner cette mouvance, on parle simplement du mouvement gothique. Pourtant, quelque part, il manquait un terme plus spécifique permettant de désigner tout ce qui le caractérise, de la musique à l'état d'esprit, en passant par l'esthétique du corps. De plus, nombre de courants philosophiques ou musicaux possèdent déjà un dénominatif qui leur est propre.
Se pose alors pour certains le problème du néologisme de gothisme, puisque ce mot ne figure pas au dictionnaire de la langue française. Mais devait-on alors renoncer, sous prétexte qu'en certaines circonstances, les néologismes appauvrissent la langue ? C'est effectivement le cas lorsqu'on remplace le nom consacré par un mot barbare plus facile d'accès. Or en l'occurrence, il n'existe pas de nom particulier pour désigner le mouvement gothique.
Par ailleurs, une langue qui demeure obstinément figée et ne parvient pas à inventer de nouveaux termes pour de nouvelles notions est déjà presque une langue morte. Aussi fallait-il un nom pour le mouvement gothique qui a aujourd'hui pris un véritable essor, et ce d'autant plus que le fait de trouver un nom spécifique à une notion favorise justement cet essor.
On peut être d'avis que le gothisme n'est pas vraiment une philosophie et qu'il est par conséquent un peu pompeux de lui donner un nom. Mais c'est ignorer à quel point l'esthétique du corps est l'expression même des préoccupations de l'âme, à quel point l'adéquation des deux est liée à un besoin d'harmonie avec soi-même.
Enfin, dans la mesure où certains faits de société, comme des élans d'émulation à tout va ou les énormes confusions entretenues par les média, menacent de dénaturer l'essence du mouvement gothique, il m'apparaît important de le promouvoir ainsi.
Merci
à cette chère âme qui m'a inspiré ce plaidoyer : elle n'aimait guère
les néologismes, et pourtant elle avait déjà inventé l'expression de
"gothopouf" (pour les forcenés de l'inculture, homme ou femme, qui
gangrènent parfois le mouvement).
04 octobre 2005
Sites Intéressants
Ceci retrace de manière non exhaustive mes longues pérégrinations sur le net...

Gothix, encore un petit site goth ?

Fédération Sataniste Française

Le Sanctuaire de Lilith
(n'existe plus)
10 octobre 2005
Requiem
REQUIEM
n.m. inv. - 1223 ; premier mot latin de la prière Requiem
aeternam dona eis "donnez-leur le repos éternel"
1.
Prière, chant pour les morts, dans la lithurgie catholique. Messe de requiem, pour le repos de l'âme d'un mort.
2.
par ext. Partie de la messe des morts mise en musique. Le Requiem de
Mozart, de Fauré.
(Le Petit Robert)
08 mars 2006
Croix Contre Croix
Qu'il s'agisse de bijoux, de broderies ou de maquillage, on remarque souvent la présence d'une croix dans les tenues des Goths. Pourtant les Goths sont athées. Certains y voient une contradiction : pourquoi les voit-on arborer un symbole religieux, celui de la croix chrétienne ? En fait, à y regarder de plus près, les croix gothiques sont stylisées, et en tant que symbole, elles ne signifient pas la même chose que leurs homologues. Quelque part, les Goths se réaccaparent ce symbole et veulent le rendre universel : il n'est plus question de religion, ni de politique, ces grands facteurs qui ont divisé l'humanité dans le sang.
J'aimerais
profiter des avis que certains auraient sur la question avant de
poursuivre. J'essaie d'expliquer un comportement général (le port de la
croix par les Goths), et je ne voudrais pas introduire des éléments
d'une vision qui me serait trop personnelle.
Je poursuis...
Au fond, l'Eglise catholique en tant qu'instituion et organisation religieuse et politique a fait main basse sur la croix du Christ, en faisant de cet icône de la torture (Cf. l'origine du mot croix et son histoire) un pendentif idolâtré par ses éclésiastiques au cours de leurs prières, puis imposé aux peuples convertis. Et ces éclésiastiques ont associé à cet objet leur doctrine, puis c'est au nom de leurs dogmes qu'ils ont encouragé, voire provoqué, guerres et massacres, pour convertir ou veiller aux intérêts de leur église. Etait-ce le message du Christ ?
Je crois que c'est plutôt tout le contraire, car son message originel était entre autres un message d'amour pour son prochain. Par ailleurs, dans les évangiles apocryphes, ceux qui sont le plus proche de la parole du Christ, il est écrit qu'il ne doit y avoir aucune sorte d'intermédiaire entre Dieu et chaque homme et femme : ni institution, ni clergé, ni bâtiment. Evidemment, ce ne sont pas ces évangiles-là qui sont cités pendant l'office... Et pour cause, ils remettent en question tout le système de l'Eglise de Rome !
Tout ceci pour dire qu'il est ainsi parfaitement légitime de se réapproprier le symbole de la Croix, puisque d'après ce qui précède, il a été détourné. Pour moi et en mon fort intérieur, ce symbole incarne d'une part la souffrance humaine au sens large, étant donné l'horreur de cet instrument de torture, et d'autre part le combat - l'engagement si le terme combat paraît trop offensif à certains - des hommes qui aspirent à un monde paisible, tolérant et juste. Et c'est en ceci que le symbole de la Croix convient particulièrement au Mouvement Gothique. Qui plus est, la Croix étant historiquement très liée à la civilisation occidentale, elle souligne à mon avis du même coup le fait que le Monde Gothique forme un mode de pensées typiquement occidentale, même si son mode de pensées est accessible à tous...
27 mars 2006
Les Valeurs du Mouvement Gothique
A toi dénommé gothique, qui te repais de ta souffrance comme d'une nourriture spirituelle et vas puiser dans le désespoir la chaleur du réconfort nécessaire à tes nuits, à toi te sont consacrées ces lignes. Qu'elles jettent désormais un peu de lumière dans l'obscurité qui est nôtre et sur les ombres qui cheminent en nos pensées.
Trop d'encres ont coulé en quête d'explication sur la portée et la
signification du mouvement gothique, pour finalement s'essouffler en de
vaines assertions, en arrivant à restreindre ses appartenances à
quelques critères bien arbitraires, à l'opposé de celle que nous
chérissons tous : l'ouverture d'esprit. Combien d'écrits plein de
palabres à propos de vrais ou faux gothiques, ou remplis de clichés
martelant dans l'opinion collective qu'être gothique devrait requérir
des dispositions psychotiques ? D'ailleurs, nombre de personnes
empêtrées dans un mal-être existentiel aiment nous représenter plus
fébrilement que tout autre. L'expression « être gothique » déjà me
gêne, comme si elle impliquait une définition, un cadre, et donc une
autorité pour l'établir, une manière de contrôle. Bien au contraire : «
Bienvenue à tous, qui arborez l'extravagance de l'allure et la noirceur
du costume tranchant sur la pâleur du corps ! » Après tout, peut-être
le nombre contribuera-t-il un jour à nous garder des comportements
hostiles de ceux qui nous regardent comme un vague phénomène de
bizarrerie… Mais en général, le nombre défend la norme et suit les
modes, et Hécate sait comme nous n'avons d'attachement ni pour l'un, ni
pour les autres.
Ainsi, il n'est nullement nécessaire d'esquisser des dessins macabres à dix ans ou de se scarifier à seize, pour légitimer son appartenance au Gothisme. Malheureusement, en partie à cause de cela, j'ai plus souvent lu des textes récapitulant ce qui n'est pas gothique, que d'autres où l'on s'est efforcé de dire ce à quoi ça peut correspondre. Je me garderai donc bien d'étoffer les premiers.
Avant toute chose, pourquoi ce choix d'une couleur omniprésente, la
non-couleur comme l'appellent certains ? Cela va au-delà d'une
compréhension purement mythologique : on ne s'habille pas en noir pour
marquer une appartenance au Monde des Ténèbres, au Mal, à la
Sorcellerie ou encore à la Magie Noire. Dans le monde actuel, on
s'habille en noir comme on revêtirait une armure contre tous les
cancers et les fléaux humains qui minent l'existence et la plongent
dans l'adversité. Au nombre de ces maux, sont inclus sans réserve par
exemple la discrimination et l'exclusion, les préjugés et les idées
reçues, les doctrines et le fanatisme, le colonialisme, le profit à
outrance, le rationalisme de l'ère industrielle, … Au contraire, nous
défendons des valeurs telles : l'individualisme, la liberté de penser,
l'émotion, la dignité humaine, l'identité culturelle,
l'anti-conformisme, la distinction et le respect. La non-couleur sert
de trame pour édifier de nouvelles vues, elle est propice à
l'inspiration et aux arts, à la liberté de penser et à l'imaginaire.
Elle constitue un terrain vierge favorable à la créativité, oublieux
des tabous et préjugés qui l'inhibent et réfrènent l'épanouissement
individuel. Le noir devient ainsi le symbole de la réflexion, de la «
libre pensée », en même temps qu'un refuge où s'y adonner, loin des
oppressions et des machines normatives.
Son lien à l'Obscur, à toute l'imagerie démoniaque et vampirique, forme une sorte de théâtre, où le monde est mis en scène afin de lui renvoyer sa propre image par le truchement d'un jeu de miroirs à multiples facettes. L'un dit : « Vois la violence dont tu nous accables. Alors nous te la renvoyons à la face, car nous ne l'acceptons pas. » L'un dit encore : « A ceux qui sont si solidaires des normes et des idées reçues, voyez le courage dont vous avez manqué les jours où vous vous êtes rangés derrière la majorité discriminante, celle qui juge avant d'essayer de comprendre, car à cet instant où vous me regardez avec hostilité, je sais porter mon fardeau avec la conviction que je peux contribuer à ce qui est juste et serein. » Un autre dit : « Nous ne craignons pas de te provoquer, voire de te scandaliser, si scandalisé tu crois être, en espérant que cela t'incite d'une manière ou d'une autre à te poser un jour les bonnes questions sur ce que tu penses voir de tout ce qui t'environne. » Un autre miroir dit aussi : « Ouvre les yeux comme un nouveau-né, ouvre ton esprit à tout ce qui te semble étranger, analyse par toi-même, ne laisse jamais quiconque juger à ta place, et ainsi renais et vis de tes propres ressources. »
Nous affectionnons le mythe du vampire, car le Suceur de sang incarne cette
disposition à se laisser imprégner de ses perceptions - à les boire -
et à ouvrir son cœur pour ensuite les appréhender, les assimiler,
s'enrichir de leur expérience et progresser. Le Démon n'est pas cette
entité apocalyptique et malfaisante, vecteur de la ruine et du chaos,
tel qu'il est dépeint dans les ouvrages religieux, mais bien plutôt
l'adversaire d'un dieu qui, lui, sanctifie la souffrance et justifie
l'acceptation de l'injustice dans l'obtention du salut universel et le
partage de Son amour : « Souffrez comme J'ai souffert sur la Croix et
vous vous rendrez digne de Mon amour, autant que Je vous ai prouvé le
Mien par le sacrifice de Ma propre chair. » Le Démon ne croit pas
qu'amour et sacrifice soient intimement liés. Au contraire, le
sacrifice est rituellement lié à la peur, et cet acte ne peut donc
servir de preuve d'amour. Alors que pour le Démon, la souffrance
détourne l'Homme de l'amour, Dieu voit dans le carnage des champs de
bataille une élévation de Sa gloire. Comme le déclarait fort bien Jean
Rochefort lors d'une apparition télévisée : « Les dieux quels qu'ils
soient sont des étendards à boucherie, et les siècles sont là pour nous
le rappeler. » Les religions promettent aux hommes le Paradis en
échange de leur participation à des tueries qui en font des monstres
sanguinaires ; elles ont servi de justification à d'innombrables
massacres. Ainsi, la philosophie gothique rompt définitivement avec ce
mode de pensée, avec la doctrine chrétienne ; et la religion ne sera
jamais pour elle que l'un des plus grands maux de l'Histoire de
l'Humanité. Par ailleurs, nous méprisons l'acharnement avec lequel ces
religions ont cherché à humilier la Femme et à l'exclure de toute forme
de compétence et d'autorité.
Nombre d'artistes que nous affectionnons
ont glorifié à travers leurs œuvres la Féminité, la partie féminine de
l'univers au sens où l'entendaient les anciens païens avant l'avènement
de la chrétienté. La vision de la femme est celle d'une égérie pour le
triomphe de l'humanité sur un monde brutal, au-delà même des
représentations héritées de l'antiquité grecque. Le Gothisme se défie
du Christianisme, de n'importe quelle autre religion, et de toute forme
d'obscurantisme : nous n'admettons ni dieu, ni maître.
Puisque la question ne manque jamais d'être posée, qu'est-ce qui fait la
singularité de la pensée gothique, de cet état d'esprit ? La tristesse
n'est pas une fin en soi, un mauvais moment à passer, dont il faut
absolument se départir. Elle n'est pas vue comme une gangrène qui
rongerait l'âme, mais comme une sophistication de la conscience, une
dynamique interne acquise qui rassure par la façon dont nous avons
appris à l'assimiler, tout au long de notre vécu. Nous pensons que la
souffrance est une instance autonome de notre moi conscient, que le
seul choix raisonnable soit de trouver une entente entre cette entité
et nous-mêmes et de l'intégrer. Nous pouvons être plus forts si nous la
rendons malléable au lieu de la subir. Son intégration est la source
même de notre sombre esthétique ! Ensuite, nous ressentons également
l'intensité de nos tourments comme celle d'autant d'efforts à exister,
à donner une pérennité à la Vie et à l'intellect, et cette intensité,
comme un lien tendu entre le monde et nous, nous fait prendre
conscience d'un néant omniprésent, ouvert tel une bouche béante prête à
nous engloutir. Après tout, la matière n'est-elle pas surtout
constituée de vide ? C'est la conception spatiale du néant. Sa
conception temporelle repose sur l'idée que la réalité tellement
pénétrée de sa vraisemblance et ainsi figée dans sa propre observation
en devient prévisible, et que cet état des faits nous oblige à une
attente sans fin. Il est à souligner à ce propos que les membres du
mouvement gothique n'espèrent généralement pas de changements
importants de la société et cherchent plutôt à se distancier du rôle
qu'on peut leur attribuer, tout assoiffés de liberté qu'ils sont. Par
ailleurs, au sein du Gothisme, un thème est incontournable : la mort.
Nous parlons de la séduction de la mort en ce sens que nous nous la
décrivons telle une grande dame impartiale, la Camarde,
avec laquelle il nous faut nous habituer à cohabiter, puisqu'elle est
finalement l'issue inéluctable de chaque vie. Vaincre nos appréhensions
en apprenant à la côtoyer sous cet angle tend à nous rapprocher par la
pensée de l'immortalité : cette attitude se veut constructive, car si
elle ne nous libère pas de notre condition, à tout le moins elle permet
d'accéder à une forme de sérénité. La fréquentation des cimetières
cadre donc logiquement avec cette philosophie qui intègre la mort comme
une composante de nos vies : la contemplation de la Fin est un moyen de
mieux comprendre leur déroulement et de communier avec l'éternité de
l'instant présent. Enfin, notre sensibilité est empreinte de mélancolie
et de romantisme, d'une sentimentalité à la fois aiguë et douloureuse,
qui trouve son écho dans un attrait certain pour la Culture, qu'il
s'agisse de Littérature, d'Art, de Musique, d'Histoire, ... Le Gothisme
répond à l'alchimie de tous ces éléments.
Enfin, la Musique est dans sa spécificité un élément essentiel de rassemblement et nous tissons entre elle et nous un lien tout privilégié et intime. Elle reflète nos états d'âmes et nos tourments, nos joies et nos aspirations, elle nous accompagne tout au long de nos évasions quand notre volonté de détachement l'emporte sur les contingences, nous aimons à nous laisser pénétrer par elle, qu'elle embrasse tout notre être et l'emporte ! A ce stade, on peut légitimement parler de fusion. La Musique est la compagne de nos rêveries.
Pour lire le texte complet (version imprimable au format PDF), cliquez ici.
Culture Gothique
Un certain nombre d'étudiants choisissent régulièrement comme sujet de leur exposé le thème du mouvement gothique. Et ils m'ont demandé si je pouvais leur fournir une liste d'ouvrages. Voilà qui devrait leur donner matière à réflexion..
Carnets Noirs
Musiques, Attitudes, Cultures
Gothiques, Electroniques & Industrielles

Acte I - La Scène Internationale
Acte II - La Scène Francophone
GOTH
Le Romantisme Noir
De Baudelaire à Marilyn Manson
04 avril 2006
Rapport Au Corps : Vision Androgyne
Remettre
en cause les idées reçues et les normes ne suffit pas encore. Les Goths
se réapproprient les codes et le langage du corps, et réinterrogent sa
nature et son rôle. Nous voulons revisiter les frontières entre
féminité et masculinité, et mettre en avant un sens de la séduction
androgyne et une sensualité idéalement complète, afin de répondre à une
volonté d'épanouissement débridée et à un sens de l'art qui se cultive
non seulement en nous, mais également au dehors. La Femme et l'Homme ne
sont jamais aussi bien célébrés que lorsqu'ils sont vus comme
complémentaires l'un de l'autre et qu'ils se rejoignent en un tout
indissociable, spirituellement plus humain que les défauts de la
civilisation.
Dans
un monde où le corps est réifié et instrumentalisé, l'esthétique
gothique brise sa vision mécaniste actuelle pour qu'il participe de
l'Art, et permet ainsi son élévation en tant qu'œuvre d'art à part
entière, animée par un démiurge autodidacte : le Goth lui-même. Le
langage, les vêtements, le maquillage, les attitudes et les postures
sont les outils démonstratifs par lesquels le Mouvement Gothique
signifie sa distinction et promeut un art quotidien de la mise en
scène qui emprunte savamment au théâtre afin d'accomplir le rituel de
cette transformation.
Sur bien des chapitres, les Gothiques sont à la croisée de civilisations parfois très éloignées, renouveau de celles qui furent et de celles sur le déclin, en cultivant l'éclat, le raffinement et l'équilibre. Ils incarnent alors, au sein de la civilisation occidentale, un trait intemporel qui rattrape de jadis le Rêve d'Alexandre.
Références :
[1]
Antoine Dufour, "Le Milieu Gothique, sa construction sociale à travers
sa dimension esthétique", DEA, Edition Le Manuscrit
12 avril 2006
L'Accomplissement de Notre Volonté
Une opinion prend sa valeur dans la qualité de la réflexion qui la fait aboutir à son terme, et après avoir été mise à l’épreuve en la confrontant à d’autres. C’est ce qui fait notamment la différence entre des vues édifiantes et celles qui demeurent dans la fange.
Gardez toujours à l’esprit et dans le cœur ce que vous
souhaitez.
Ne laissez jamais quiconque vous montrer la marche à suivre.
Votre "salut" en ce monde est définitivement dans votre volonté.
Ne vous laissez pas apprivoiser par ceux qui valent au fond d’eux moins
que vous.
L’amour est une chose fragile et fugace, puisez votre seule force en
vous-mêmes.
La vérité est qu’il n’est pas de dieu universel. Si l’on vous a dit le
contraire, c’est qu’on vous a menti. Il n’est, pour chacun d’entre
nous, de dieu que nous-mêmes.
A ceux qui veulent croire, libre à eux, mais ne vous étonnez plus, ni
jamais que l’on vous dupe.
Moi je bois dans le calice où se mélange la vie et la mort ; je suis mon propre calice.

23 mai 2006
Idées Reçues & Fausses Rumeurs
NON, le Mouvement Gothique...
n'est pas un mouvement sectaire,
n'est pas un mouvement politique,
n'est pas un mouvement religieux,
ne promeut aucune idéologie ni dogme,
n'a pas de gourou, ni de maître à penser,
n'est pas un phénomène de mode,
n'évolue pas en marge de la société,
n'est pas la voie royale vers le satanisme, ni le néo-nazisme,
n'est pas la culture du malheur et de la tristesse,
n'est pas synonyme de mal-être,
n'est pas censé être un moyen de se faire remarquer pour sortir du lot,
n'est pas le produit d'une adolescence sans repère.
OUI, le Mouvement Gothique...
représente une communion d'idées,
réunit des gens ouverts et tolérants,
est un mouvement artistique, philosophique et musical,
procède d'une démarche contestataire,
possède une culture riche et indépendante,
a une vision sombre et poétique du monde,
revêt une esthétique révélatrice de son essence.

Certains s'imaginent que nous les agressons avec notre look hors norme. Or ce n'est pas du tout notre démarche, et nous n'imposons rien à personne. En fait, nous voudrions qu'ils soient eux-mêmes amenés à se demander pourquoi ils se sentent agressés : bien souvent, les gens n'acceptent pas ce qu'ils ne comprennent pas, puis l'ignorance mène à l'intolérance, et l'intolérance à la violence. Tous les hommes sont différents, et naissent libres et égaux... Aussi, la première chose à faire si vous voulez être respecté, c'est sans nul doute de commencer par respecter la différence chez les autres. C'est pourquoi respecter autrui, c'est aussi se respecter soi-même. Question de réciprocité... Soyez donc ouverts d'esprit.
Si vous n'êtes pas encore convaincus, demandez-vous si vous montrer intolérant et violent envers autrui a contribué à rendre le monde meilleur autour de vous et à améliorer votre vie. Et justement, dans le Mouvement Gothique, nous dénonçons beaucoup les phénomènes de société qui nous pourrissent la vie à tous. Pensez-y, la prochaine fois que vous croiserez un Goth...
Notre apparence vestimentaire vient ainsi prendre le problème à bras le corps : chez certains, cette excentricité fait naître des sentiments qui devraient être totalement remis en question ; pour les autres, elle est matière à interrogation quant à la nature de notre manière de penser. Dans les deux cas, notre excentricité pousse au questionnement, à la remise en cause, voire même à l'introspection. Socrate disait bien : "Je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien", signifiant par là que la vraie sagesse consiste à savoir admettre son ignorance et à ne pas faire semblant de savoir quand on ne sait pas. Belle leçon de modestie d'un homme qui vivait au 5ème siècle avant J-C... On voudrait bien que l'Homme d'aujourd'hui soit aussi moderne dans sa façon de penser !











