03 octobre 2008
Désir d'oubli...
Il y a ces moments enchantés qui font rêver du temps jadis, où le bonheur était à la fête. Quel plaisir funeste que de côtoyer ses fantômes ! Mais surtout, les plus tenaces des songes qui reviennent en mémoire sont ceux-là mêmes que l'on voudrait à tout prix oublier. Il est bien difficile de se pardonner d'avoir aimé tout ce que l'on déteste. Tandis qu'aujourd'hui quelques instants décharnés célèbrent l'innommable et l'infamie, il faut encore parfois supporter que l'illusion mensongère d'une trahison bien sincère s'offre en spectacle dans le vil écrin de l'hypocrisie.
Avant le mensonge qui se propage est le mensonge qui se distille. Quand les deux se réunissent et s'accomplissent, l'âme et l'esprit se noient des certitudes construites autour d'un désir de survie hors d'haleine. Maquillé sous le vernis d'éclats de voix populaires, ce cœur est devenu une pomme pourrie de l'intérieur, pénétrée de ses mystifications.
Malgré cela, il en est qui poursuivent leur chemin et continuent de prononcer leurs vœux pieux, l'œil mouillé donné à boire à l'ingénu, et la paume couverte d’une manche de dentelle, serrée autour d'un poignard aiguisé, qui fume encore du sang et des larmes d'autrui qu'ils ont en vain versés.
Sur certains autels, les sacrifices ne sont voués qu'à la ruine et la désolation. Je me méfie de leurs prêtresses... Honnies soient-elles !





